Cette édition, malgré le prestige du lieu, la Grande Halle de la Villette, où elle se déroulait m'a paru bien triste.

Des absences remarquées
Jean-Luc Garnier, le Directeur du salon avait annoncé une hausse de 50% du nombre d'exposants "nouveaux talents". Le terme "nouveaux talents" est très important dans ce cas, car si il y a hausse de cette catégorie d'exposants ce n'est pas le cas pour les poids lourds de cette industrie. Cela fait déjà plusieurs années que des géants desaffectionnent le salon professionnel français (Playmobil, Lego, Tomy pour ne citer qu'eux) mais cette année ce sont Hasbro, Bandai et Lansay qui ont décidé également de ne pas venir. Et là ça fait un sacré trou.
Une fois arrivé et parfaitement reçu à l'accueil Presse (comme toujours), mon badge Presse accroché autour du cou, j'ai arpenté les allées du salon. En me faisant la réflexion "c'était mieux avant". Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans de peuvent pas connaître... Bon d'accord, dit comme cela, ça fait un peu ancien combattant... Ca fait tout de même la 21e année que je me rends à ce salon en tant que journaliste. Je commence a avoir un certain recul pour me rendre compte qu'il y a quelque chose qui change sans avoir besoin de lire de belles statistiques. Et je ne parle pas simplement du lieu géographique, Parc des expositions de Villepinte, un rapide passage au Bourget pour revenir à Villepinte et enfin revenir dans Paris à la Grande Halle de la Villette (depuis 2009). J'ai connu les énormes stands où l'on passait en revue des gammes complètes présentées en long et en large par des démonstratrices et des démonstrateurs. Certaines années il m'a fallu revenir une seconde journée pour arriver à faire le tour de tout ce que j'avais prévu de voir. Et puis au fil du temps les stands ont rapetissés, certaines entreprises ne sont plus venues, d'autres revenaient. Aujourd'hui le nombre d'absents et tel qu'il est difficile dans ces conditions de se faire une idée du marché en un temps réduit dans un même lieu (ce qui est pourtant la raison d'un salon). J'imagine les détaillants qui viennent sur Paris spécialement pour rencontrer leurs fournisseurs... A ce sujet Jean-Luc Garnier avait également annoncé une hausse de 12% du nombre de visiteurs pré-enregistrés à la mi-décembre. Pourtant sur le terrain, cela ne m'a pas paru évident.
Alors que se passe-t-il? Crise économique? Mondialisation qui fait que les multinationales du jouet préfèrent se concentrer seulement sur quelques Toy Fair? Coûts trop lourds par rapport aux retombées financières? Mauvaise période (juste avant la Toy Fair de New York qui est censée présenter des news inédites) ? Problèmes de dates (coïncidant avec Maisons et Objets cette année)? Ou bien les changements successifs des dirigeants et propriétaires du salon ainsi que de son nom (Univers d'enfants) ont-ils eu une incidence imprévue? Heureusement le n°1 Mattel (absent l'année dernière malgré le 50e anniversire de Barbie) est revenu cette année mais uniquement sous la forme d'un bureau de Presse destiné à présenter seulement aux journalistes les prochaines nouveautés.

Des licences et des jouets traditionnels qui se portent bien

Si elles étaient discrètes et minoritaires (une conséquence de l'absence des géants), les licences étaient encore fortement représentées sur certains stands comme Mattel, IMC (avec 90 nouveautés) et les panoplies et masques Rubies (20 nouveautés). Une nette longueur d'avance en ce qui concerne les licences Disney (princesses dont la toute nouvelle "Princesse et la Grenouille", la maison de Mickey, Winnie, Many et ses outils) et propriété de Disney (Toy Story, Cars et Spider-Man). Bien entendu on trouve toujours ça et là du Star Wars dont la licence continue d'être profitable aux licenciés malgré un fléchissement qui ne semble pas corrigé par la série The Clone Wars. Etrangement les fortes propriétés liées à la BD franco-belge (je pense notamment à Astérix et Lucky Luke) n'étaient pas représentées. Des Schtroumpfs étaient certes visibles sur le traditionnel stand du fabricant de figurines Schleich mais -pour la première fois- dans un recoin derrière les autres gammes qui elles ne sont pas liées à des licences (animaux, mondes féériques).
Des jouets sous licence détrônés par des jouets traditionnels? Et pourquoi pas... Entre l'éco-responsabilité qui anime les consommateurs et la frénésie du merchandising, il semble que le jouet classique commence à se frayer un chemin. Effet de mode oblige c'est un jeu lié à l'écologie qui a remporté le premier prix de la presse, mais ce n'est pas pour autant un jeu estampillé d'une marque.
Une nouvelle fois j'ai pu voir des marionnettes à main attendrissantes et drôles. Il y a quelques années j'avais eu un coup de coeur pour les living puppets distribuées par Coxinelle, cette année ce sont les Moh Bowls (boules en peluches) qui m'ont fait craquer. Les jeux Goliath développent une série de boîtes à thème pour les filles. Après la décoration de chambre et l'organisation de soirées pyjama, les petites filles pourront s'adonner à l'art de la table. Le stand le mieux placé du salon, c'est-à-dire juste à l'entrée était celui des jeux de construction Kapla (de simples planchettes de bois pour réaliser des milliers de constructions). Chez Corolle m'a été présentée une nouvelle poupée de nourrisson non pas bourrée d'électronique mais juste destinée à accompagner les petites filles dans leur bain, cela serait-il le début d'un retour à la simplicité?


Salon du jouet et du jeu Paris 2010
Salon du jouet et du jeu Paris 2010
Salon du jouet et du jeu Paris 2010
Salon du jouet et du jeu Paris 2010
Salon du jouet et du jeu Paris 2010
1er prix de la Presse 2010 catégorie Jeu
1er prix Tendances 2010 catégorie jouet
Peluches Lapins Crétins au Salon du jouet et du jeu Paris 2010
marionnette Moh Bowls au Salon du jouet et du jeu Paris 2010
Ferrari Hotwheels 2010.jpg
2 CV par Minichamps
Barbie Basics Mattel 2010
Barbie Pilote de course Mattel 2010

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