49e salon professionnel du jouet
Par Erwan Le Vexier le mardi 26 janvier 2010, - La vie des marques et des licences - Lien permanent
Comme tous les ans, fin janvier a
lieu à Paris le salon du jouet et du jeu permettant aux fabricants, éditeurs et
distributeurs de présenter les nouveautés de l'année aux revendeurs,
détaillants, responsables de ludothèque et journalistes.
Cette édition, malgré le prestige du lieu, la Grande Halle de la Villette,
où elle se déroulait m'a paru bien triste.
Des absences remarquées
Jean-Luc Garnier, le Directeur du salon avait annoncé une hausse de 50% du
nombre d'exposants "nouveaux talents". Le terme "nouveaux talents" est très
important dans ce cas, car si il y a hausse de cette catégorie d'exposants ce
n'est pas le cas pour les poids lourds de cette industrie. Cela fait déjà
plusieurs années que des géants desaffectionnent le salon professionnel
français (Playmobil, Lego, Tomy pour ne citer qu'eux) mais cette année ce sont
Hasbro, Bandai et Lansay qui ont décidé également de ne pas venir. Et là ça
fait un sacré trou.
Une fois arrivé et parfaitement reçu à l'accueil Presse (comme toujours), mon
badge Presse accroché autour du cou, j'ai arpenté les allées du salon. En me
faisant la réflexion "c'était mieux avant". Je vous parle d'un temps que les
moins de 20 ans de peuvent pas connaître... Bon d'accord, dit comme cela, ça
fait un peu ancien combattant... Ca fait tout de même la 21e année que je me
rends à ce salon en tant que journaliste. Je commence a avoir un certain recul
pour me rendre compte qu'il y a quelque chose qui change sans avoir besoin de
lire de belles statistiques. Et je ne parle pas simplement du lieu
géographique, Parc des expositions de Villepinte, un rapide passage au Bourget
pour revenir à Villepinte et enfin revenir dans Paris à la Grande Halle de la
Villette (depuis 2009). J'ai connu les énormes stands où l'on passait en revue
des gammes complètes présentées en long et en large par des démonstratrices et
des démonstrateurs. Certaines années il m'a fallu revenir une seconde journée
pour arriver à faire le tour de tout ce que j'avais prévu de voir. Et puis au
fil du temps les stands ont rapetissés, certaines entreprises ne sont plus
venues, d'autres revenaient. Aujourd'hui le nombre d'absents et tel qu'il est
difficile dans ces conditions de se faire une idée du marché en un temps réduit
dans un même lieu (ce qui est pourtant la raison d'un salon). J'imagine les
détaillants qui viennent sur Paris spécialement pour rencontrer leurs
fournisseurs... A ce sujet Jean-Luc Garnier avait également annoncé une hausse
de 12% du nombre de visiteurs pré-enregistrés à la mi-décembre. Pourtant sur le
terrain, cela ne m'a pas paru évident.
Alors que se passe-t-il? Crise économique? Mondialisation qui fait que les
multinationales du jouet préfèrent se concentrer seulement sur quelques Toy
Fair? Coûts trop lourds par rapport aux retombées financières? Mauvaise période
(juste avant la Toy Fair de New York qui est censée présenter des news
inédites) ? Problèmes de dates (coïncidant avec Maisons et Objets cette
année)? Ou bien les changements successifs des dirigeants et propriétaires du
salon ainsi que de son nom (Univers d'enfants) ont-ils eu une incidence
imprévue? Heureusement le n°1 Mattel (absent l'année dernière malgré le 50e
anniversire de Barbie) est revenu cette année mais uniquement sous la forme
d'un bureau de Presse destiné à présenter seulement aux journalistes les
prochaines nouveautés.
Des licences et des jouets traditionnels qui se portent
bien
Si elles étaient discrètes et minoritaires (une conséquence de l'absence des
géants), les licences étaient encore fortement représentées sur certains stands
comme Mattel, IMC (avec 90 nouveautés) et les panoplies et masques Rubies (20
nouveautés). Une nette longueur d'avance en ce qui concerne les licences Disney
(princesses dont la toute nouvelle "Princesse et la Grenouille", la maison de
Mickey, Winnie, Many et ses outils) et propriété de Disney (Toy Story, Cars et
Spider-Man). Bien entendu on trouve toujours ça et là du Star Wars dont la
licence continue d'être profitable aux licenciés malgré un fléchissement qui ne
semble pas corrigé par la série The Clone Wars. Etrangement les fortes
propriétés liées à la BD franco-belge (je pense notamment à Astérix et Lucky
Luke) n'étaient pas représentées. Des Schtroumpfs étaient certes visibles sur
le traditionnel stand du fabricant de figurines Schleich mais -pour la première
fois- dans un recoin derrière les autres gammes qui elles ne sont pas liées à
des licences (animaux, mondes féériques).
Des jouets sous licence détrônés par des jouets traditionnels? Et pourquoi
pas... Entre l'éco-responsabilité qui anime les consommateurs et la frénésie du
merchandising, il semble que le jouet classique commence à se frayer un chemin.
Effet de mode oblige c'est un jeu lié à l'écologie qui a remporté le premier
prix de la presse, mais ce n'est pas pour autant un jeu estampillé d'une
marque.
Une nouvelle fois j'ai pu voir des marionnettes à main attendrissantes et
drôles. Il y a quelques années j'avais eu un coup de coeur pour les living
puppets distribuées par Coxinelle, cette année ce sont les Moh Bowls (boules en
peluches) qui m'ont fait craquer. Les jeux Goliath développent une série de
boîtes à thème pour les filles. Après la décoration de chambre et
l'organisation de soirées pyjama, les petites filles pourront s'adonner à l'art
de la table. Le stand le mieux placé du salon, c'est-à-dire juste à l'entrée
était celui des jeux de construction Kapla (de simples planchettes de bois pour
réaliser des milliers de constructions). Chez Corolle m'a été présentée une
nouvelle poupée de nourrisson non pas bourrée d'électronique mais juste
destinée à accompagner les petites filles dans leur bain, cela serait-il le
début d'un retour à la simplicité?





















