Lors de sa visite à l'université de Hampton en Virginie le 9 mai 2010, le président des Etats Unis Barack Obama a déclaré: "l'information est devenue une distraction, une diversion, une forme de divertissement au lieu d'un outil ouvrant des possibilités, permettant de s'émanciper". Il est heureux de voir qu'un homme écouté par toute la planète puisse lancer cette vérité. S'adressant à un jeune auditoire d'étudiants il a ajouté : "Vous entrez dans la vie adulte dans un monde où nous sommes bombardés d’informations en continu sur toutes sortes de sujets et qui nous exposent à toutes sortes d’argumentaires dont la véracité de certains est pour le moins douteuse". Il pointa du doigt les bouleversement de ces années en précisant "Nous ne pouvons pas arrêter ces changements, mais nous pouvons nous y adapter". Effectivement il est difficile de trier la bonne info au milieu de cette effervescence. Comment distinguer le vrai boulot de journalisme du simple copier/coller. On pourrait croire qu'il suffit de mettre de côté les médias estimés trop rapidement comme "amateurs" (blogs, réseaux sociaux) et de se concentrer uniquement sur les "grands médias". Grave erreur car dans la course à celui qui voudra être le premier à mettre en ligne ou à diffuser un scoop les professionnels de l'info ont la fâcheuse tendance à reprendre ce qui traine sur la toile et vice versa. La rigueur professionnelle veut que le travail de vérification, qui fait partie des fonctions du secrétaire de rédaction (poste en voie de disparition dans les rédactions) soit accompli avant publication. Aujourd'hui on corrige une fois l'info mise en ligne et tant pis si entre temps des milliers d'internautes l'ont lue, reprise sur leurs blogs et partagées dans leurs réseaux sociaux. Cette façon de faire est en grande partie la cause de la crise de confiance envers le métier de journaliste.
On consomme de l'info comme de la musique en allumant la radio le matin puis en l'écoutant dans la voiture et/ou dans son lecteur MP3. Oui l'info divertie, pas une journée sans son cortège d'accidents de la route, d'attentats, de crashs, de catastrophes, de peoples, de buts de football et de "bons" mots d'hommes politiques. Cette véritable ritournelle endors l'esprit critique.
Espérons que Barack Obama soit un visionnaire quand il précise "Nous pouvons nous y adapter" car dans le cas contraire ce sera la fin de la démocratie tuée non pas par une idéologie terriblement puissante mais par de la simple désinformation de bas niveau.
Comme le dit si bien depuis des années la marionnette de PPD sur Canal +, "vous pouvez éteindre votre poste de télévision et reprendre une activité normale".