Toy Story ambassadeur du tout numérique
Par Erwan Le Vexier le mardi 13 juillet 2010, - Sciences et technologies - Lien permanent
Demain sort sur les écrans
le troisième volet des aventures de Buzz et Woody. L'occasion de revenir sur
l'impact de Toy Story sur nos habitudes de vie et de "consommer la
culture"
L'usage de l'image générée par calcul informatique était restreint à des
films de courte durée. Des courts métrages concentrant toute l'inventivité et
la créativité de leurs auteurs. Lorsque Pixar présenta Toy Story en 1995, le
studio révolutionna le cinéma car il s'agissait du tout premier long métrage
100% en images de synthèse. Depuis cette date les films d'animation utilisant
les formidables capacités de calculs d'ordinateurs toujours plus puissants sont
légion et se hissent aux meilleures places du box office (Shrek, l'Age de
glace, Madagascar, etc). Cette révolution est comparable à la démonstration que
fit Walt Disney de la possibilité de réaliser des films long métrage
d'animation en 1938 avec son Blanche Neige et les 7 nains.
Aujourd'hui Toy Story 3 a droit à la 3D, nouvelle étape de l'évolution du
cinéma. Dans ce cas il n'est pas le premier film à en bénéficier, il renforce
juste l'emploi de cette technologie. Mais Toy Story 3 marquera tout de même une
nouvelle révolution, plus discrète mais Ô combien plus profonde. Sa B.O.F. ne
sera vendue qu'en téléchargement et aucunement en CD. Il s'agira donc du
premier album commercialisé sans support physique. Une tendance inévitable,
depuis déjà de nombreuses années les consommateurs ont le choix entre acheter
physiquement un disque dans une boutique et de le télécharger légalement sur un
site de vente en ligne. Il en est de même pour les films où le VOD concurrence
furieusement les DVD et même le Blu-Ray.
Avec les nouvelles habitudes et la mode de l'écologie, des supports physiques
manufacturés avec des matériaux pas toujours recyclables, qu'il aura fallu
transporter à grands renforts de dégagement de CO2, n'ont plus vraiment la
côte. Le fait d'acheter des médias dématérialisés est donc une aubaine pour les
éditeurs. Car non seulement ils n'ont plus à gérer en amont leur production
puis leur stockage, leur livraison et enfin de devoir se retrouver avec des
invendus sur les bras. Autant de postes de dépenses supprimés.
Dans le cas du disque Toy Story 3, ces intérêts sont décuplés par
l'omniprésence d'un homme visionnaire: Steve Jobs. Toy Story 3 est un film
réalisé par les studios Pixar (dont il est le fondateur), produit par et pour
Disney (dont il est l'un des principaux actionnaires). La B.O.F. du film sera
donc uniquement disponible sur des plateformes de téléchargement payants dont
la principale est iTunes Store, propriété d'Apple dont Steve Jobs est patron et
cofondateur.
Cette décision de ne pas éditer la B.O.F. en CD est lourde de conséquence, la
musique numérique que l'on écoute via un ordinateur chez soi et sur un baladeur
numérique (mode lancée par le iPod "made in Apple") est destinée à supplanter
le support disque. C'est la mort annoncée du CD.
Toy Story 3 est donc au croisement de plusieurs intérêts, ceux de Pixar, de Disney et d'Apple qui convergent pour aller vers le rêve de George Lucas, qui à la fin des années 80 avait déclaré dans une interview qu'il attendait dans l'avenir la possibilité de diffuser ses films directement auprès des spectateurs sans passer par l'intermédiaire des majors d'Hollywood. Directement du producteur au consommateur... Amusant quand on sait que Pixar a été fondé par Jobs à partir de la division infographie de Lucasfilm Ltd racheté en 1986 à George Lucas pour 10 millions de dollars.








